ICOMOS suisse



recensement des parcs et jardins historiques

Cimetière St. Michael, Zoug, ZG

La protection implique la connaissance. C'est pourquoi le comité scientifique « Jardins historiques et paysages culturels » de l'ICOMOS fondé en 1971 a demandé aux sections nationales d'établir un recensement des parcs et jardins dignes de protection. En Suisse aussi, la protection des jardins historiques, ainsi que la mise sur pied des inventaires correspondants, a été inscrite explicitement dans différentes lois cantonales. C'est par exemple le cas de la loi sur l'aménagement et les constructions du canton de Zurich (1992, § 203) : « Les objets à conserver sont : les jardins et les parcs de valeur ; l'autorité en charge de la sauvegarde des objets dignes de protection établit des inventaires ».

La disparition rapide des jardins historiques a plusieurs causes. Les jardins sont vivants, ce qui entraîne des modifications de leur morphologie plus rapide que dans le cas de bâtiments. Les interventions nécessitent moins de démarches que pour des immeubles et peuvent être réalisées dans la plupart des cas sans autorisation. Les milieux de la conservation ne sont pas familiers des jardins et connaissent mal les végétaux qui les constituent. Il leur manque souvent des conseils compétents et leur formation aborde de manière insuffisante la question des jardins. Après la seconde guerre mondiale, l'art des jardins s'est profondément dégradé. Aussi, les jardins historiques ne sont pas reconnus comme objets culturels, et de ce fait ni entretenus ni protégés. En outre, l'investissement réservé à l'entretien des jardins est important. Les jardins sont souvent considérés comme du terrain à bâtir et présentent de ce fait un potentiel économique important. Cette attitude est encouragée par la législation fiscale et en matière de successions. Ceci explique que le recensement doive être réalisé rapidement.

Le groupe de travail « Jardins historiques » de l'ICOMOS Suisse s'est fixé pour objectif, en collaboration avec les organisations proches, d'établir un recensement des jardins historiques. Il est établi à l'échelle de la Suisse et de la manière la plus exhaustive possible ; c'est sur la base d'un large échantillon que les cas particuliers peuvent être estimés à leur juste valeur permettant ainsi de repérer les objets les plus intéressants ou les plus représentatifs. Le repérage par le dépouillement de la littérature et des inventaires, mais sans recherche en archives, ainsi que le travail sur le terrain commune par commune permettent d'identifier ces objets. Au plan suisse, tous les espaces libres dont la conception est antérieure à 1970 sont pris en compte : les jardins et les parcs, les allées, les places, les cimetières, les terrains de sport et de jeu, les abords des écoles, etc. En règle générale, les collaborateurs du recensement ne pénètrent pas dans les jardins privés.

Les objets sont évalués selon les critères suivants :

  • Substance historique de qualité : végétation, sentiers, pavillons, terrassements.

  • Signification historique : parc, site industriel important pour le lieu.

  • Espaces extérieurs d'un bâtiment important.

Ainsi, ce ne sont pas seulement les plus beaux jardins d'une commune qui sont recensés, mais, dans la mesure du possible, tous ceux qui illustrent les différentes époques.

Le recensement poursuit trois buts principaux :

  • Encourager les services en charge de la conservation, de la protection de la nature et de l'aménagement à considérer dans leurs études les parcs et les jardins historiques comme objets dignes de conservation. Les services concernés doivent recevoir gratuitement un exemplaire du recensement cantonal, afin que les recommandations qui y figurent soient prises en compte dans leur travail quotidien. Dans un stade ultérieur, le recensement peut également faire l'objet d'une validation sous forme légale.

  • Le recensement constitue une base de travail à l'échelle suisse et devrait permettre une approche scientifique de l'histoire de l'art des jardins en Suisse.

  • L'ensemble des données doit permettre une publication destinée à présenter au grand public la richesse et la diversité des jardins et des parcs suisses.

La préparation du recensement a débuté en 1992 ; les premiers tests sur le terrain ont débuté en 1995 dans le canton d'Argovie. L’ICOMOS - Recensement des parcs et jardins historiques de la Suisse, un grand projet ambitieux qui dure depuis environ 15 ans, s'est approché cette année, d’un grand pas, vers un aboutissement. Jusqu'en novembre 2009, dans 24 cantons sur 26, le recensement a été achevé et transmis aux autorités cantonales: Argovie, Appenzell Rhodes Intérieurs, Appenzell Rhodes Extérieurs, Bâle Ville, Bâle Campagne, Berne, Fribourg, Genève, Glaris, Grisons, Jura, Lucerne, Neuchâtel, Nidwald, Obwald, St-Gall, Schaffhouse, Schwyz, Soleure, Thurgovie, Tessin, Uri, Zoug et Zurich. En mai et octobre 2009, les listes des cantons Nidwald et Tessin, qui étaient déjà accompli depuis l’hiver 2008, ont aussi été transmises aux représentants des autorités cantonales. Le canton de Soleure a pu terminer le recensement en octobre 2009 et au printemps les deux derniers cantons de Vaud et du Valais ont aussi commencé les travaux. La conclusion est prévue pour 2012. Ainsi le recensement suisse sera complet.

Manuel fr [pdf]
Manuale it [pdf]
Manual de [pdf]

 

Renseignements à propos du recensement

Ignaz Sieber
Hager Landschaftsarchitektur AG
Bergstr. 85
CH-8032 Zürich
Tel. +41-44-266 30 13
Fax. +41-44-266 30 20
jardins at icomos.ch